La notion d'esprit

 

«Les découvertes des sciences physiques n'effacent pas davantage du monde la vie, la sensibilité, la finalité ou l'intelligence que les règles de la grammaire n'effacent le style ou la logique de la prose. Il est certain que ces découvertes ne disent rien de la vie, de la sensibilité, de la finalité, mais les règles de la grammaire n'en disent pas davantage sur le style ou la logique.(...) La grammaire indique au lecteur que le verbe doit être au pluriel mais ne dit pas quel verbe sera employé.(...) Si les règles sont inaltérables, les jeux ne sont pas uniformes.(...) Il y a multitude d'occasions pour nous de manifester notre intelligence ou notre bêtise, de faire preuve de délibération ou d'exercer un choix.(...) Non seulement y a-t-il place pour l'intention là où tout est régi par les lois de la mécanique, mais il n'y aurait pas cette place si les choses n'étaient pas ainsi régies. La possibilité de prédire est une condition nécessaire à l'établissement de plans.(...) Les hommes ne sont pas des machines, pas même des machines dominées par l'esprit. Les hommes sont des hommes ; c'est là une tautologie qu'il est parfois bon de rappeler.»