La notion d'esprit

Préface de La notion d'esprit, Gilbert Ryle

«Nous demandons parfois aux chefs de pouvoir expliquer ce qu'ils font en se référant à une recette, aux locuteurs de nous dire ce qu'ils signifient et aux agents rationnels de nous donner les raisons pour lesquelles ils agissent.(...) L'erreur intellectualiste est de supposer que, même dans les cas où cela n'est pas requis, des processus cachés impliquant des recettes, des significations ou des raisons, se trouvent derrière et expliquent causalement les plats réussis, les énoncés signifiants et les actions raisonnables.(...) [Or,] lorsqu'on soutient qu'une personne comprend ce que demandent des règles, la possibilité qu'elle ne les comprenne pas doit exister ; et lorsqu'on soutient qu'une personne suit correctement des règles, doit exister la possibilité qu'elle ne les suive pas correctement.(...) Si Julie ne suit pas la recette correctement, alors elle aura probablement moins de chance de réussir son plat ; toutefois, elle peut ne pas la suivre correctement et néanmoins réussir son plat. (Cela démolit l'idée qu'elle doit avoir suivi des règles pour qu'on la crédite de sa performance ou pour qu'on considère celle-ci comme une réussite).»