Dupuy

«On ne croit à l'éventualité de la catastrophe qu'une fois celle-ci advenue, telle est la donnée de base. On ne réagit qu'à son actualité – donc trop tard.(...) Lorsque le principe de précaution énonce que l'incertitude scientifique ne doit pas retarder la mise en œuvre d'une politique de prévention, il se trompe complètement sur la nature de l'obstacle.(...) La catastrophe n'est pas crédible, tel est l'obstacle majeur.(...) L'heuristique de la peur, ce n'est pas de se laisser emporter par un flot de sentiments en abdiquant la raison ; c'est faire d'une peur simulée, imaginée, le révélateur de ce qui a pour nous valeur incomparable.(...) J'ai plaidé avec Jonas qu'on ne pouvait faire l'économie de la métaphysique. Comme cette dernière, la théologie est, ou peut être, une discipline rationnelle.(...) Posant comme Illich "la question de savoir si, sans le rétablissement de la catégorie du sacré qui a été détruite de fond en comble par l'Aufklärung scientifique, nous pouvons avoir une éthique capable d'entraver les pouvoirs extrêmes que nous possédons aujourd'hui", il conclut sans ambiguïté : "Une Religion absente ne saurait décharger l'éthique de sa tâche".»